[Fiction] Renouveau

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[Fiction] Renouveau

Message par Reiva Sra SpectreNuit le Lun 2 Fév - 7:51

(Je suppose que c'est ici que je vais pouvoir balancer ce que j'écris de temps à autre; comme c'est en rapport au probable-potentiel-éventuel retour de mon personnage tant adoré: Aley... C'est de la fiction! Mais ça me tenait à coeur de noter ça.
PS: Aux agités de l'orthographe: j'ai pas dormiiiiiiis é________è je corrigerais ça une fois reposée. Même mes yeux ont piqué en relisant vite fait.)



Sa mémoire était... Chaotique, c'était un routine de tout les jours se disait-elle, elle ne se souvenait de plus grand chose ou toutes ces choses étaient comme emmêlés, sans queue, ni tête. Sans l'apport de la conscience de Reiva à laquelle elle avait planté ces griffes, elle aurait perdu la tête depuis bien longtemps, devenant rien de moins qu'un spectre vengeur digne des humains trépassés hantant sa terre natale. Mais cette fois-ci... Elle avait mal. Mal. Mal. C'était douloureux, abominable et ces yeux refusaient de s'ouvrir !
Elle sentait l'air passer dans sa gorge s'accompagnant de l'impression d'avaler une botte d'épines d'aciers aiguisé juste pour elle, lui déchirant l’œsophage. L'air lui brûlait ensuite les poumons, incendiant son poitrail lorsque ces muscles bougèrent de nouveau. Tout n'était que douleur, elle sentit presque ces muscles se déchirer alors qu'elle sortait et plantait durement les griffes dans ce qui était à sa portée: de la boue, de la terre humide en dessous et quelques rochers. Elle sentit cette même roche errafler ces coussinet, répondre à sa pression par leur surface rocheuse et irrégulière... Elle arrivait à sentir l'odeur d'un marais, à savoir que la roche qu'elle accrochait était sans doute un gros silex sur son passage, elle savait que son corps était sur le côté... Son... Corps ?!
La charr ordonna à ces yeux de s'ouvrir en maugréa, un faible grognement ne fit que sortir de sa gorge, vibrant contre ces crocs à demi-serré. Cela lui causa une onde de douleur désagréable en réponse, redescendant de sa truffe à ces épaules. Elle avait... Mal ? Elle avait... Un corps ? Redoublant d'efforts et de volontés, ces yeux obéirent et un nouveau râle d'inconfort passa ces babines se retroussant mollement. La lumière lui attaque sèchement les rétines, la forçant à poser une patte dégoulinantes de vases et de boues sur son museau.
Le contact rafraîchissant de cette dernière lui arracha presque un ronronnement tant il paraissait doux à côté de tout ce chaos autour d'elle et dans son crâne. Putain, foi de Charr, elle n'avait jamais eut aussi mal au crâne. Et pourtant... Elle était douée pour se torturer les neurones de son vivant... Vivant. Bordel de merde. Qu'est-ce qu'elle avait fait ?!
C'était le chaos. Sa mémoire refusait de fonctionner correctement, c'était un nouveau-né qui ne savait à peine marcher à qui on demandait de courir un marathon tout en esquivant des balles des meilleurs snipers du Fer. Elle se souvenait... Seulement d'avoir renouvelé son souhait, un souhait précieux que les Brumes ne pouvait lui apporter. Un réconfort qu'elle n'aurait jamais, un apaisement qui la condamnait de sa mort à errer dans l'ombre de sa portée et veiller sur eux. Putain. Sa gorge se serra, la rappela au moment présent. Présentement, elle avait mal partout, ces muscles flasques et incapables de répondre autrement qu'avec maladresse à ces ordres et des tambours frappant ces tempes.
DAM. DAM. DAM. DAM. DAM.

Elle réitéra sous l'ombre de sa patte d'ouvrir ces paupières, elle plissa les yeux, retroussa ces babines et ne vit rien qu'une lueur blanche éclatante entre ces doigts qu'elle rapprocha pour la couvrir davantage. Elle cligna des yeux plus qu'il n'en faut, maudissant tout bas ces sens endormis et son corps inutiles. Ca lui rappelait ces gueules de bois tiens... Le lendemain de beuverie et le pire qu'elle avait en mémoire, elle s'était réveillée pelotonnée contre-
DAM. DAM. DAM. DAM. DAM.
Elle grogna mollement dans ses babines. Impossible pour elle d'aligner plus de trois pensées. La charr se focalisa alors sur sa vision, et quand, enfin, ces yeux s'habituèrent à la lumière et firent le point... Elle retira sa patte et se glissa sur le dos - ou plutôt, se poussa lourdement d'un côté. Elle ouvrit un peu plus la gueule pour aspirer l'air qui semblait lui manquer autant que de la mutiler de l'intérieur.
Il y avait des arbres, des feuilles, elle pouvait presque entendre le vent - si ces oreilles n'étaient pas dans la vase actuellement - souffler et les odeurs... Indescriptibles, à la fois belles et aggressives à ces narines. Elle respira à pleins poumon et se maudit de cette décision: elle se retrouva prise d'une quinte de toux sauvage et inarrétable, proche de l'étouffement.

C'est ça ma vieille, meurt encore une fois. La première t'as pas suffit ... ?

Elle s'imagina frapper sa petite voix mentale si fort, qu'elle reprit contenance. Elle s'affala de nouveau dans la boue - fraîche et douce - et la vase qu'elle grattait des griffes pour essayer de reprendre le contrôle sur son corps douloureux. Le mal de crâne s'éloignait, presque. Elle contempla, ce qui était présentement un évènement miraculeux.
Le vert trop éclatant des feuilles des arbres, les bruits d'animaux et d'insectes errant autour d'elle et l'ignorant proprement, les odeurs de pourritures, de vases et aussi de sueurs qu'elle flairait. Tout la touchait profondément et ravivait en elle des souvenirs délicats. Elle resta une demi-heure, sans bouger, à contempler. La charr accusa le coup de ses sens, n'ayant jamais remarqué à quel point "nulle part" pouvait être splendide et digne de s'y arrêter et de pendre le temps de...

« C'quoi c'bordel ? »

Sa voix grognait des mots qu'elle venait de penser. Retrouvant l'usage de son corps, elle se choqua presque du ton et du son de sa voix. Elle était habituée à entendre la voix de Reiva déformée par ces propres intonations, elle était habituée à ne plus l'entendre ou à en avoir l'échos mental du son "à peu près" qu'elle devait avoir de ses souvenirs ... Mais l'entendre. Sa. Voix. La sienne. A elle. Elle ronronna de bonheur de retrouver un son si familier et rassurant, un ronronnement bas et réguliers de petit moteur Draguerre, comme ceux des charrtons quand ils têtent leurs mères: instinctifs, innocents, sincères et francs.

« Ma voix. »

Ronronna-t-elle pour elle-même, sur un ton bas et grave.
Le calme intérieur ne dura que quelques minutes supplémentaires et la tempête l'ayant apporté ici, repris. Quand elle mit bout à bout tout ces éléments, elle senti son sang se glacer. Elle se redressa d'un bond réflexes sur ces quatre pattes - les dreads luisants de boues et de vase, tout comme une bonne partie de son pelage - et fixa son reflet dans l'eau du marais dans lequel elle avait échoué. Elle chercha son regard, elle retient presque son souffle jusqu'à ce que l'eau arrête ces remous et lui renvoie son image.

« Oh ... Merde. »

Ses yeux s'exhorbitèrent quand un mot surgit dans son esprit.
Vivante.
Elle était... Vivante. Elle sentait la douleur de ces muscles, elle pouvait toucher et sentir la douceur de la boue et les parois rêches de la roche aux alentours, elle pouvait de nouveau sentir les odeurs aux alentours, elle pouvait... Parler... Elle pouvait penser sans que sa tête n'oublie directement ce qu'elle venait de dire. Elle... C'était son regard que lui renvoyait l'eau, son visage, elle. Toute entière. Elle était vivante.

Le cadre entier dans lequel elle se retrouva changea d'ambiance, si féérique et soudain presque infernal. Ces sens étaient en surchauffe, elle sentait tout, trop vite, trop brusquement. D'une crise de panique, sa respiration dérailla pour aller bien trop vite.

« Comment ... ? Je suis... Non ! »

Quatre ans de mort.
Quatre ans d'absence de tout, de sensations, de sentiments, de sens ! De choses qu'elle pouvait trouver "belle ou non", d'odeurs, de touchers, de larmes et même de douleurs, quatre ans qui avait balayé toutes ces choses de ses considérations. Quatre ans de damnation dans les Brumes, Quatre ans à errer auprès des esprits si attractif de ces petits, Quatre ans à se résoudre: aucun de la portée ne connaîtrait ne serais-ce que son visage ou le son exact de sa voix.
Quatre ans... Sans rien. Ni souvenir, ni mémoire, ni existence, ni identité. Quatre ans à s'accrocher et s'écorcher sur cette réalité, quatre ans sans douleur, à tout encaisser comme un fantôme et une chose inerte.
Quatre ans à être morte... A s'y faire, à s'y résoudre et là voilà, catapulter en sens inverse, re-balancer dans les serres de la vie.
La panique céda place au rire, un rire nerveux.

Elle allait pouvait les voir ! Les tenir ! Les sentir près d'elle au moins une putain de fois ! Elle allait pouvoir leur sourire ! Leur parler ! Les conseiller ! Elle allait pouvoir voir le reste de leur vie ! Elle allait pouvoir se féliciter d'avoir mis au monde six des plus valeureux - ou futur valeureux - soldats des Légions ! Oh putain de merde, elle sentit son esprit se morceler, un "ssssssrriiiiiiiitch" mental alors qu'elle se prenait la réalité en pleine gueule. La truffe la première !
Ses petits, putains, ses six petits ! Elle avait senti leurs griffes de prématurés lui lacérer le ventre et la déchirer de l'intérieur, elle savait parfaitement ce qui était arrivée à la compagne de MortePluie: la même chose qu'a elle. Après cet interrogatoire de la Cendre auquel elle avait participé, ce stress avait réveillé son énergie magique et avait alerté les petits, les petits n'avaient fait que remuer pour répondre à tout ça... Et leurs griffes et crocs avaient labourés le placenta puis son ventre. Une hémorragie telle qu'elle était morte sans s'en apercevoir. Inconsciente puis dans le coma et puis plus rien.
Même elle n'avait rien vu venir. Elle avait pensé en boucle "Je dois tenir, tenir, tenir, tenir, je peux pas mourir, ils sont là, je peux pas tenir, eux ils sont là, je dois tenir".
Elle sentit les larmes courir le long des pattes qu'elle avait ramené contre sa gueule, deux crocs mordant dans ces poings pour se soutenir elle-même. Elle ne s'était pas vue ni senti pleuré, elle le remarqua soudainement.

"Les charrs ne pleurent pas."
Je T'emmerde.
(s'imagina-t-elle répondre)

Un charr vivant, mais un mort qui reviens à la vie ? Qui sait.
C'était un tel choc qu'elle se laissa sangloter sans peine. Elle pleura, secouée de soubresaut plus ou moins violent. Ses petits à elle, ses adorables boules de poil qu'elle n'avait vu qu'au travers du voile des Brumes et de l'Outre-Monde où elle avait erré avant de réussir à réunir son énergie et tout son savoir pour être un spectre marchant dans leurs ombres. Ils n'avaient connu qu'un morceau de sa corne restante comme "doudou" et seul chose la représentant. Puis ils avaient connu son père, à elle, et la compagnie de Darja -sa lieutenante- de temps à autres, comme présence féminine.
Un silence qu'elle allait pouvoir rompre ! Elle était mère ! Putain ! Elle était maman ! Elle allait pouvoir reprendre sa putain de place ! Les connaître, bordel, était-ce trop demander ? Survivre à leur venu et pouvoir les connaître !

« Ooooh... Luhgna... Reiva... Yrrgriss... Tyndir... Paerda... Aestiva ! ... Ooh mes tout petits !... »

Que ces noms sonnaient terriblement doux à ces oreilles ! Elle pleura de plus belle, n'éprouvant aucune résistance ou aucune nécessité de cacher des sentiments aussi brutaux. Elle n'en avait de toute façon pas la force.

Des larmes, elle repassa au rire, nerveux et cassé.
Elle était en vie ! Elle n'avait cru en rien, elle n'avait que loué les esprits Norn parce qu'elle adorait leurs histoires ! Elle n'avait juste pensé qu'un dieu existait ou que quelque chose puisse écouter ces souhaits. Et putain de bordel. Elle le remercia.


Une chose lui attrapa la queue et tira.
La charr se vautra dans la boue, face la première, surprise et frêle. Ces griffes se plantèrent dans la boue, accrochant à quelques cailloux pour résister à la pression qui la tractait en arrière. Elle planta ces griffes de la même sorte en arrière, cambra ces pattes et se souleva dans un effort qui lui parut aussi infini que douloureux. Elle jeta un regard par-dessus son épaule et entendit le sifflement menaçant d'un écailleux à crête. Le regard affamé et le poitrail gonflé d'une respiration lourde de chasseur et de prédateur.
La charr retroussa ces babines, se tourna toujours campé sur ces quatre appuis et senti son poil se hérisser. Elle gonfla d'autant plus en feulant pour l'intimider.

Il mordit plus fort.
La douleur se répercuta juste que dans son crâne, faisant chanceler son frêle contrôle sur ce corps si mal adapté après quatre ans à n'être qu'une existence ... De volonté et d'énergie. La charr sentit sa chair se faire percer par les crocs de la créature, son sang coula dans la gueule de ce dernier, un peu plus énervé et nerveux à l'odeur et au goût de ce dernier.
Elle renifla l'odeur du sang dans un nouveau feulement, se grossissant en faisant dos ronds, son poil n'était que des touffes de poils rassemblés en aiguilles sur son corps. Elle ne sut rien d'autre, ne pensa rien d'autre.
Elle n'avait que la couleur du sang dans son esprit et relâcha son contrôle aussi facilement que de respirer.




La charr reprit conscience alors que l'écailleux - ou tout du moins, ce qu'il en reste, démembré et détaché de sa carcasse - était froid. Elle était debout devant la carcasse vidé et arraché, griffé et mordu par un fauve vraisemblablement. Le sang et les tripes tapissaient ses pattes et bras, ainsi qu'un bon morceau de sa gueule et gorge.
Elle respirait bruyamment, la gueule ouverte, sentant l'ombre rouge l'ayant emporté s'éloigner. La charr renversa la tête en arrière et poussa un rugissement du fin fond de ses entrailles. Ça lui arracha un grognement douloureux. Mais depuis le temps... Le temps qu'elle en rêvait !
Les tensions de son corps s'évanouir enfin, alors que ces oreilles essayèrent de capter l'écho ou la réponse à son rugissement rauque. Elle ferma les yeux, chercha trace de ses petits tout contre son esprit et fut subitement pris par la terreur de n'avoir... Que son énergie. A elle. Changée.

Un nouveau chapitre au "bordel".
Elle étouffa un juron entre ses crocs. Elle ne reconnaissait qu'à peine la magie qui traversait son corps et sa tête, ce n'était pas de la nécromancie - sinon elle l'aurait senti, comme connectée et elle aurait pu faire apparaître ou jaillir ces serviteurs bien aimés - non, c'était autre chose. Différent, effrayant.
Il n'y avait pas de trace du pacte de la Corne scellée à sa mort, pas de trace de ses liens étroits et nourris par sa seule volonté de les protéger avec ses petits, pas de liens avec ses anciens frères d'armes les plus proches - et tous sensible à la magie... Plus ou moins. Aucun.
Il n'y avait qu'elle.
La panique galopa, le ramdam des pensées chaotiques qui s'amenait la fit grimacer. La charr grogna pour stopper tout ça, et regarda aux alentours.
Une grotte était à deux-trois mètres plus loin, en longeant la rive. Elle devait manger - elle avait faim. C'était comme une délivrance et une redécouverte - et boire... Puis se mettre en route.
"Nulle Part" pouvait être bien beau, ce n'était pas dans ses habitudes de faillir et manquer à ses devoirs et ses droits. Peu importe la distance ou le temps qu'il faudrait, elle trouvera un moyen de rejoindre la Citadelle Noire. Puis de joindre ses garnements... Et ... Non. Peut-être... Peut-être pas le reste. Enfin, si. Quelques uns ?! Mais si ça parlent alors...

La charr déglutit et s'aida de la parois de pierres durs pour marcher jusqu'à la grotte. Elle essaya de faire le tri, vainement. Elle ne pouvait prendre ces décisions toutes seules, elle ne pouvait pas garder ça "pour elle" et elle ressentait un immense besoin de le hurler au monde entier.


" Aley Sra Servenuit. Est. En. Vie".


Mais... Tout semblait compliquer, pris détail par détail... Aley avait besoin de conseils, de réconforts, de renouer avec un pilier flamboyant et lumineux de bon sens de sa vie à elle. Sa bonne fée. Sa bonne fée était la première à trouver après la Citadelle Noire et de quoi... S'habiller et se nourrir. S'imaginer boire un verre et rire avec cette Charr au pelage éclatant lui arracha trois-quatre larme; autant en verser maintenant à l'abri du regard de tous et retrouver son image de "charr" plus tard.



Un grognement au fond de la cavité rocheuse, moite, réveilla Aley à l'instant présent. Elle sentit le sol vibrer des pas d'une bête qu'elle dérangeait et à qui elle volait chiper son logis pour quelques heures de sieste avant de se mettre en marche. Du coin de l'oeil, elle vit un cadavre avec une épée encore enfermée dans sa main osseuse. Bien. Au moins. C'était déjà ça.
Un drake plus gros que prévu fit son apparition dans les lueurs du jour. Il renifla, gonfla son poitrail d'air.
Aley ne tissa qu'un sourire, sentant de nouveau sa frénésie "rouge" courir vers son esprit pour s'emparer de ce combat. Elle puisa dans sa rage et colère, dans tout ce qu'elle n'avait pas pu faire et qu'elle regrettait durant ces quatre ans et lâcha le contrôle.
Elle ne se souviendrait de rien qu'autre qu'un fracas de griffes, de grognements, d'écailles, quelques étincelles de douleurs incapable de la sortir de sa frénésie... Et d'un étrange silence, qu'elle savoura.
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Reiva Sra SpectreNuit
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