[Souvenirs] Une aiguille dans une botte...

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[Souvenirs] Une aiguille dans une botte...

Message par Yllyomyn le Lun 2 Avr - 16:35

Comme dit dans le titre un petit sujet pour que vous puissiez raconter l'event du point de vue de votre personnage. Histoire de vous faire quelques souvenirs !


Dernière édition par Yllyomyn le Dim 15 Avr - 16:12, édité 1 fois
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Re: [Souvenirs] Une aiguille dans une botte...

Message par Squirelle le Lun 2 Avr - 20:32

Tout a commencé par le cri d'une chouette.

On venait pourtant de revenir à Amnoon pour trouver à la base un lieu qui servira de pied a terre sur les terres d'Elona, un peu comme le Canyon du Corbeau Blanc au Coeur de Maguuma.
Ce qui sera surement plus utile que le Canyon d'aprés moi, même si j'aime bien l'endroit, mieux vaut se le dire.

Mais en se baladant avec Vhalakya et les autres au marché... je l'ai entendu. Le cri d'une chouette blanche. D'une chouette harfang. Une chouette qui avait peur, qui cherchait... quelque chose. C'est en suivant les cris que je suis tombé sur ce marchand... Et Givre.

Je n'aurais jamais cru revoir la chouette de Jerynd en ces lieux. Pas depuis tout ce temps. Pas depuis la mission de récupération de Cypries. Pas après le fiasco de cette mission. En un instant, j'avais l'impression de revoir toute cette mission, comme ce qu'avait dessiné Cypi sur les murs mais en version augmenter, pas les petits bonhommes bâtons mais le sang, les blessures, la fatigue, la peur et la colère.

On a tendance que des gens qui vivent ce genre d'épreuve se rapprochent. C'est vrai en quelque sorte, car malgré notre désaccord pour Cypi, je n'ai jamais détesté Jerynd. Et me voilà, inquiète pour lui. Pour un sylvari que je n'avais pas vu depuis un long moment.

Il fallut un peu d'aide de Marr et Vhalakya pour ne pas que je tarte ce foutu marchand. Je me suis concentré sur Givre à la place. L'animal me semblait tellement effrayé et perdu qu'il s'était accroché à la première personne qu'il connaissait. Même une semi-inconnue comme moi. Le souci devait être grave.

J'ai suivi mon instinct alors. Retrouver Jerynd, le plus vite possible. Pas envie de le retrouver dans un arbre à devoir lui trancher les membres comme Cypries. Et heureusement, j'avais une équipe pour me suivre dans une quête irréfléchie. Mais l'urgence me poussait surement, partagé avec des souvenirs que je préférais oublié.

Après avoir récupéré des raptors pour ceux qui n'en avaient pas, nous avons suivi les indications du marchand pour retrouver les sylvaris. La-bas, ceux que nous avons rencontré m'ont rappelé une nouvelle chose. C'est vrai, nous avions abandonné le Pacte juste pour trouver quelqu'un. Nous avions abandonné d'autres nécessiteux pour une mission. Je crois que c'est ce qui a commencé à un peu plus me perturber. Les sylvaris nous ont quand même bien aidés. Et j'étais ravi de voir que c'était plus la curiosité qui avait poussé Jerynd, pas un souci comme une guerre avec un gros dragon des plantes...

En suivant le chemin, nous avons rencontré une caravane. Une caravane qui a partagé avec nous café et histoire. Une caravane qui a été sympathique avec nous. Et malgré leur bienveillance, j'ai préféré m'éloigner quelques instants vers le nord, espérant avoir un signe pour trouver le sylvari. Mais rien.

Le lendemain, la caravane avait besoin d'aide pour rejoindre le temple. Et je crois encore avoir fait une erreur. J'ai préféré séparer le groupe en deux, pour ne pas perdre de temps dans la mission et d'aider quand même ceux dans le besoin. Après tout, nous étions bien plus que la dernière fois. Et tous de grand combattant, j'avais déjà vu la Grande Armée se battre. Efficace et puissant. Je suis donc parti avec un petit groupe - Vhalakya n'aurait jamais accepté me laissait partir seule. On a suivi ce que semblait nous montrer Givre. On a grimpé une falaise abrupte et si grande que j'ai encore des ampoules sur les mains (note : Faire manger son acier au forgeron qui m'a vendu le clou anneau...). Une fois la haut, nous avons rencontré... un nid de vautour. Au vu du comportement de Givre et de ce vautour, je crois que nous avons trouvé le coupable de l'aile brisé de la chouette. Une simple maman vautour qui protégeait son nid.

Cependant, du bruit nous perturbâmes. Je suis aller voir, demandant à O de se préparer à faire monter via un portail Mira et les montures. En premier lieu, ce n'était que des cavaliers quittant le temple de Kormir et je les suivis du regard. Et ce que j'ai vu ensuite me glaça le sang. En contrebas, les nôtres se battaient face à ce qu'il semblerait être des bandits pour défendre la caravane... Et aucun signe de Vhalakya. Je suis revenu au triple galop chercher les autres, ordonnant à O et Sriska de faire passer les montures vers le temple de Kormir, Mira me suivant pour soutenir le groupe en contrebas.

Mira tenta de tirer, mais soucis pour elle, son fusil s'enraya. J'ai toujours dit qu'un arc et des flèches sont plus simples à utiliser. C'est la colère et l'inquiétude qui ont guidé mon geste, je ne sais pas comment ma flèche a pu se loger dans le cou d'un des bandits. Mais quand il s'effondra au sol, je me suis senti bien un instant.

Le combat se termina rapidement après ça. Je suis retourné un instant vers la mère vautour espérant... trouver un signe, n'importe quoi mais non. Rien. La mission semblait plus être une perte de temps... Et elle avait mis en danger les autres. En descendant, j'ai retrouvé Vhalakya, brûlée sur la majorité du corps. J'ai senti la désagréable sensation de la peur et de la colère glissée dans mes veines. C'est un cocktail explosif, ça je le sais. J'ai cherché à savoir ce qui s'est passé et j'avoue avoir un peu laissé éclater mes émotions. Surtout quand Léandra me dit que la mission était réussie.

Réussie ? Avec trois des nôtres aussi horriblement blessé ? Aussi réussi qu'étais celle avec Cypries ? Avec une morte, un disparu voire même deux ?! Alors que nous étions en pleine route pour trouver un autre disparu, encore ? J'avais l'impression de revoir la même histoire se rejouer sous mes yeux, dessiner sur les murs en forme de bonhomme bâton.

Il fallut que Vhalakya rouvre les yeux pour me calmer. Qu'on me dise qu'elle allait survivre. Heureusement... Car je n'aurais pas supporté de la perdre alors que je venais de la retrouver après tant d'années d'aveuglement et de colère. Il a fallu que la caravane et les prêtres viennent pour nous remercier pour me dire que je n'avais pas pris la mauvaise décision. Des gens nous étaient redevables.

Mais j'étais épuisé, fatigué, désespéré. Toujours aucun signe de Jerynd. Mais enfin, la prêtresse nous indiqua le passage de ce foutu cul épineux. Enfin un signe ! Il était passé par là ! Mais de nouveau la fatigue. Je n'allais pas laisser les blessés ici, ils avaient besoin de soin. Plus aucun abandon derrière. Plus de Calbagh ou Ormeronce derrière moi. Je les avais amenés la dedans, nous repartirons alors ensemble.

J’espère juste que Jerynd peut se permettre de nous attendre encore un peu...

Entira

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Re: [Souvenirs] Une aiguille dans une botte...

Message par Henry Constantin le Mar 3 Avr - 19:39

Ambiance : :

Partir a Elona...

Voir a nouveau ce pays plein de mystère, de magie et de sable. J'étais loin de chez moi, loin du confort et de la sécurité du canyon, mais ici, dans ce désert, j'avais Entira.
Et cela me redonnait la sensation de notre enfance, la sensation que oui...c'était presque comme avant.

Non, je m'égare, rien ne sera plus jamais comme avant mais j'ai eut la chance de pouvoir corriger mes erreurs et...être a nouveau être proche d'elle, comme avant. Oui, ce voyage était une bénédiction.

Le marché d'Amnun est...si typique, j'apprécie ces lieux, les odeurs des épices, la musique, les conversations ambiante et je suis de plus en plus sur que cet endroit sera idéal pour un pied a terre.

Des appartements ou un villa pour que tous soient ensembles, une piscine peut être ? Ou un jardin sur le toit.
Oui, je dois nous trouver ce genre de logement, cela nous changera de Sud-Soleil et la, je n'aurais plus a payé des concurrents.

Mais je pense que je dois laisser les comptes à Marr du moins pour ici. Je n'aime pas...perdre mon temps, n'y celui d'Entira surtout quand elle veut quelque chose.
Il est vrai qu'entendre les cris d'une chouette n'est pas commun ici, surtout en plein désert.

Alors, oui, il me fallait ce « faucon blanc a bec court » pas pour une collection, mais parce qu'il s'agissait de « Givre ». Elle connaissait cet animal, alors...on devait l'avoir. Pourquoi ? Jerynd. Ce nom suffisait a me dire ce que je devais faire.

La Chouette en « poche », une carte noté en main, nous sommes partis a l'extérieur d'Amnuun partant ainsi rejoindre le Sud dans un campement de Sylvari, alors...peut être qu'ils auraient des réponses.
Réponses qui ne annoncèrent pas grand chose mais nous donnèrent plus d'inquiétude pour Jerynd, partit seul vers le Kraal des Ogres et en connaissant les danger du désert ça ne présagé rien de bon.
Certes je savais que le Sylvari était doué mais entre les fanatiques d'un dieu fou et la faune locale, je craignais pour sa vie.

Après une longue discussion avec les Sylvaris qui visiblement...avait connaissance de qui nous étions ou plutôt de qui était Entira. Après cela, nous eurent quelques vivres, des lentilles, elles nous changeront des Choya, même si le choya n'est pas si mauvais, enfin, nous voilà avec nos sacs et tous hors de la portée de Marr.

Nous avançons jusqu'au relais Sud, là ou le marchand aurait trouvé Givre. Les locaux sont accueillant et partageur autant de leur histoire, que de leur café.
Par les Esprits c'est en plein désert qu'on réalise ce qu'on pourrait faire pour du café.

La nuit venu passa au mieux, calme et fraîche (pas plus que moi.), Marr m'a rendu inquiète durant le Conte, je l'ai sentis...différent, il pensait a son passé, a ce qu'il a perdu et voir cet air sur le visage de mon plus proche ami me retourne les entrailles, pourquoi ne puis-je rien faire pour l'aider ?

Le sommeil finira par m'emporter, Jrisnaï a mes côtés et Entira dos a moi, leur deux présence m'apaise malgré la voix lointaine qui hante mes nuits. Je pense aussi a Yinnay, Walfrid et j'espère qu'ils vont tout deux bien.

A la première heure nous sommes réveillés par la Caravane, oui, j'oublie d'en parler, nous avons acceptés de les aidés a rejoindre Kormir (le temple, pas la déesse, bien sur.) et Entira m'explique qu'elle, Mira et Sriska partiront vers le Nord, pour voir si il n'y aurait pas des traces de Jerynd.

Partir ? En y pensant encore, j'ai peur pour Entira, elle sait se défendre, survivre, mais...que faire si...si je la perd ?
Je viens enfin de la retrouvée, la perdre ici, serait une ma pire peur. Car je sais ou j'irais pour elle, au delà des brumes et pire encore pour la revoir et la ramener.
Mais, je suis rassurée, elle s'en va avec ses deux Traqueurs, Tripote et Hito, elle ne risquera rien, j'ai confiance, je dois avoir foi envers en eux.

En fin de compte le départ a lieu, nos deux groupes se séparent et nous escortons la caravane. Le soleil était brûlant et pourtant j'avais encore froid.
Nos montures avancent au rythme de la caravane et je sens que Jrisnaï veut aller plus vite, courir et se retrouver un peu plus vivant, mais il se pli et reste fidèle a mes ordres.

Le temple de Kormir s'approche lentement dans notre horizon, bientôt nous y serons et pourront nous reposer.
Quelque chose bouge dans les hauteurs, je ne suis pas la seule a le remarquer, des cris résonnent aussi dans l'air, on nous avait prévenu que des fanatiques rodent et pilles dans les alentours et attaques ceux qui traverses le désert.

Pourtant, quand ils nous voit, leur Chef ne semble pas désireux de porter le premier coup, il réalise que nous sommes des étrangers et n'avons rien a voir avec leur histoire.
Nous aurions put abandonné la caravane sans rien risqués mais ça n'est pas le style de la maison, j'essaye de négocier, mentir en disant que cette caravane est notre.

Je m'approche de Marr pour qu'il joue lui aussi le jeu (non, sans avoir usé d'un puits corrosif pour les empêcher d'avancer), mais avant que je n'ai eut le temps de réellement commencer a négocier , je vois Burick et Léandra (si ma mémoire est bonne) entamer un duel de « qui a la plus grosse ».
Des « infidèles » résonnent, des cris, des insultes et voilà Burick qui fonce tête baissé, suivit par Léandra, les sylvaris et je sais qu'a ce moment...notre sort est scellé.

Tués ne m'a jamais dérangé, enfin, je n'ai aucun plaisir a ça, mais là, je pense a l'utile, des stock de viscère, de sang et d'os pour de futur sort sait-on jamais et le sang aidera Burick pour son problème de magie.

Après l'échec de mon lien parasitaire, je me suis retournée avec Marr vers la caravane, nous allons les aidés a grimper le temps que les autres s'occupent des fanatiques.
Je me vois encore observer la caravane, observer Marr et inviter Jrisnaï a monter quand je sens une douleur.

Une douleur si forte, si vive, je ne me rappel pas avoir hurler alors que je prenais feu. Oui, feu.
L'un des Zaishen m'avait prit pour cible, mes vêtements brûlent, mon visage et mes mains aussi...

Ma seule chance était que ma propre corruption a stopper la brûlure, mais ma peau « cuit ». La douleur m'emporte dans l'inconscience, j'en oublie tout, le combat, le désert, mais mes pensées vont a Entira, Marr, Yinnay, Walfrid.

C'était comme voir ma vie au ralentit, voir...ceux que j'aimais le plus au monde.

Yinnay qui rit en me montrant sa dernière prise ou le tour qu'elle a apprit a Mr Cornichon et je vois combien, elle grandit de jour en jour, ma merveilleuse fille.
Walfrid qui me regarde comme personne ne la fait avant lui, Walfrid...si parfait, si...lui et...je vais le perdre...
Marr qui me sourit, m'acclame comme première apprentie ou son regard qui parle bien plus que nos mots quand nous échangeons nos secrets.

Et...Entira...

Ma Entira que j'avais perdu...durant tant d'année sous ma bêtise et...mon ignorance. Encore une fois, je n'avais pas tenue ma promesse, dire que tout irait bien, qu'on se reverrait a Kormir, mais ça n'arrivera pas.
J'espère...que ou que j’aille...je...pourrais l'aider, la rejoindre et...la guider vers son futur, son bonheur avec son Ours, elle doit m'oublier et vivre sa vie.

Mes pensées sont flous, c'est comme...marché dans les Brumes, j'y suis peut être déjà qui sait, le feu m'a...blessé gravement, le froid m'interdit de le sentir mais...pour la première fois je sens la chaleur du désert et...ça suffit a me dire que c'est bien trop grave.

Un cor de guerre résonne au loin, comme si...j'étais a deux pas de la mort mais...ne devrais-je pas y voir ma mère ? Ou...ne suis-je juste pas assez digne ? M'a t-elle tournée le dos a cause de ce que j'ai fais ?

J'accepte tout mes actes, j'accepte mon...destin et...laisse mes pas partir vers le cor, affrontons nos démons même dans la mort, voilà ce que Mère disait, enfin...je crois.

Mais je n'arrive pas a avancer, une main agrippe ma cheville, une autre mon épaule et...je sens un air glacé plonger avec force dans mes poumons, dans mon sang, dans mon corps et le goût mentholé de la magie s'égare sur ma langue.

Je ne suis plus seule, quelqu'un...est présent ou du moins une présence m'extirpe du seuil de la mort, au début, je pense qu'il s'agit de Marr mais non, il s'agit de O', le mystère de cette asura est si complexe que même sa magie a un goût. J'aimerais en rire, mais la douleur revient et se rappel a moi.

Mes yeux s'ouvrent sur un décor peu commun mais que j'ai déjà vue, Kormir, le temple, l'odeur de l'encens et des cataplasmes.
La voix d'O est tout ce que j'entends, puis viendra celle de Marr et enfin celle d'Entira, ma marrveilleuse Entira.

Elle est furieuse et inquiète, j'ai...peur de sa colère, peur qu'elle en souffre, peur...d'encore la faire souffrir mais ses beaux yeux me rassure et elle reste, non sans avoir passé un savon a Léandra.

Nous ne sommes que trois blessés et aucun mort, béni soit les Esprits. Ent', Marr et moi parlons avant que le sommeil n'emporte Entira et moi (Ses ronflements m'ont toujours endormis et cela depuis notre enfance). Les jours seront long, la douleur une compagne fidèle et...je sais que mon corps portera se stigmate.

Mais je suis en vie et il nous reste encore l'espoir de retrouver Jerynd.

Et il me reste encore le temps de tenir les promesses faites a ceux que j'aime.

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Re: [Souvenirs] Une aiguille dans une botte...

Message par Lonn le Mer 4 Avr - 1:38

Musique:

Je pars à Elona pour la deuxième fois.

La fois précédente, j'ai choisi de rester à Amnoon pour faire affaires, mais Amnoon a déjà bien assez sur les bras, entre les réfugiés et les différents ennemis des lieux. A l'époque, Balthazar était encore là, avec ses fascinants forgés. Des soldats, des armures presque, tant ils étaient recouverts de métal. Peut être étaient-ils le métal même. Si j'avais de tels soldats à mes côtés, je me serai senti le meilleur forgeron du monde. Mais je n'ai aucune idée de la manière dont ils sont... faits.

Kralkatorrik, le dragon de cristal. Palawa Joko, le seigneur Liche mort-vivant, véritable figure maléfique des livres d'histoire. Et pour cause, j'en ai lu beaucoup.
Avec tout ça, Elona est comme un autre monde.

Quand le voyage a été organisé, j'ai ainsi décidé d'y participer, peu importe ce qu'on allait y chercher. A vrai dire, je n'ai pas tout à fait prit la peine de m'en soucier. Je savais ce que je voulais faire et c'est tout ce qui comptait. Changer d'air me faisait du bien, je sors peu après tout.
Le danger ne me fait pas peur.
Je peux voguer librement en accompagnant la guilde, comme à mon habitude, et, comme à mon habitude, j'ai fait l'effort de me vêtir d'une splendide parure pour le voyage, que j'ai conçu pour être un minimum adaptée au désert. J'étais et je suis toujours persuadé d'avoir développé un style enviable en tout point par le commun des mortels même s'ils ne l'avouaient pas. Être beau a revêtu depuis longtemps pour moi une importance toute singulière, et moi vivant, je compte le rester. Même mort, je le serai toujours.
Je sais qu'Entira me gronderait si je n'étais pas un minimum préparé pour le voyage. Cela me fait sourire au fond de moi même, un sourire que je ne peux empêcher même si je n'aime pas le montrer. Elle se soucie toujours de nous tous. Je ne sais pas tout à fait quoi penser quand quelqu'un se soucie de moi en me grondant. Quand cela arrive, j'ai tendance à vouloir protester. Personne n'a à me dire quoi faire, je sais ce que je dois faire. Mais je me tais, parce que quelque part, cela me paraît... chaleureux.


Amusantes, les tentatives de ce marchand, Hadjid, de nous prendre pour des néophytes en marchandage. Quoi qu'il en soit, la chouette qu'il vendait avait piqué l'intérêt d'Entira et Vhalakya. Pour la première en tout cas, l'oiseau lui rappelait quelque chose. Il nous fallait l'acquérir. Et j'étais persuadé de savoir comment faire, il suffisait de laisser la place aux experts.

Je vois rarement Vhalakya aussi impatiente. Alors même que je m'étais avancé pour négocier, elle avait banqué plein pot. Hadjid a eu de la chance. Nous, deux pièces d'or en moins. Il allait falloir expliquer à ma meilleure amie préférée que l'argent, bien qu'elle en ait, ne pousse pas comme les pommes du hameau sur les arbres et que ces commerçants jouaient parfois sur notre naïveté pour nous faire débourser.

La chouette en poche, Princesse, ma fabuleuse nouvelle amie, aussi belle que son maître, c'est à dire moi, et moi même nous étions mis en route avec toute l'équipe, sur leurs montures personnelles ou louées, jusqu'aux traces d'un sylvari nommé Jerynd.

En chemin, nous avons rencontré des anciens collègues à lui et j'ai apprit que la chouette que nous venions d'acheter, -j'appellerai cela une arnaque, personnellement-, lui appartenait et que Jerynd était lui-même en voyage au nord du désert, jusqu'à un kraal ogre local.
Les anciens collègues du sylvari travaillaient pour aider les réfugiés et ils nous ont prêté des vivres qu'ils savaient produire aisément.
S'ils savaient à quel point leur notion d'une "portion une personne" était maigre... Quand je songe à l'idée de manger, je vois des montagnes piquant le ciel de leur sommet. Eux... De quoi remplir une petite assiette?
Ils n'ont pas bien prit ma façon de leur en demander assez pour nous tous, mais je comprends, quelque part. A mon échelle, c'est pitoyable, mais eux et moi sommes différents en bien trop de points. Il n'y a personne comme moi. J'ai préféré attendre que l'on soit prêt, songeant à autre chose que la faim qui me dévorait pour me donner la force d'avancer. C'est ce que je m'efforce toujours de faire, même si cela est dur.


Nous nous sommes arrêtés au Relais Sud. Nous avions assez voyagé comme cela, et nous devions tous nous reposer. Nous avons attachés nos compagnons animaux et nous sommes installés. Là, nous avons rencontré Touéris, qui nous a parlé de la caravane qu'elle allait diriger jusqu'au temple de Kormir pour le ravitailler, demain à l'aube.
Elle nous a parlé des dangers qui rôdaient encore dans le désert.
Tiens donc, la mort de Balthazar n'a pas empêché les forgés d'opérer, et les Zaishen continuent de prêcher la parole de leur dieu en commettant des crimes par ci par là, comme des bandits. Le fanatisme, ou quand de pauvres petits êtres de même pas deux mètres se voient emprunts d'un pouvoir qu'ils n'ont pas, ou recherchent des faveurs imaginaires, des chimères. Les Zaishen étaient aujourd'hui de petits insectes qui faisaient beaucoup de bruits et causaient visiblement bien des tracas.

Très bien! Voilà mon idée, une bonne idée, comme d'habitude. Demain à l'aube, nous pourrions tous accompagner la caravane de Touéris. Ainsi, nous serons assez nombreux pour intimider les Zaishen et les inciter à réfléchir avant de nous attaquer.
Ils y étaient visiblement favorables, alors c'était parfait.
Nous avons alors partagé ensemble du café. J'aime bien, le café. Une boisson me fait toujours plus de bien qu'un repas, car une boisson me désaltère, là où un repas ne me rassasie jamais. Mais j'y suis habitué, à force.

Je suis allé me coucher peu après l'histoire émouvante du joli barde de la caravane du moins, à en juger par ses bras et sa carrure.
Je n'ai pas songé à mon opinion de lui bien longtemps. J'avais... besoin d'être à l'écart, alors je suis parti m'allonger loin du groupe. J'ai été inhabituellement remué.
Il racontait dans son histoire qu'il existait des choses plus précieuses que l'or.

C'est là que je me suis souvenu que moi aussi, j'avais quelque chose de plus précieux que l'or, fut un temps. Plus précieux même que ma propre vie. Elles ne se comptent que sur un doigt, les choses que je juge aussi précieuse. Peut être même un deuxième.

Et là... J'entends ta voix et tes larmes qui accompagnent mes pleurs.  Ta tristesse résonne comme un écho à la mienne. Ta voix est tout ce qu'il me reste de toi. Je t'ai perdu et pourtant, je te sens encore. Assez proche pour que ta voix parvienne à mon esprit, trop loin pour que je puisse à nouveau te prendre dans mes bras.
T'écouter me fait si chaud au cœur et me rappelle dans le même temps le supplice auquel nous sommes condamnés depuis des années.
Mon cœur se fend soudain de nouveau comme si on lui avait porté un coup de hache et je me réjouis d'avance de m'être éloigné. Et malgré tout, j'irai de l'avant, caressant dans ta voix l'espoir que tu me reviennes entier, aussi mince soit-il, mon Trésor.

Et je vis à présent une de ces nuits que je déteste le plus. Celles où s'écoule le temps au fil des souvenirs que je ressasse. J'ai mal dormi, et, pour ainsi dire, je me suis réveillé avant tout le monde. Je n'ai pas cherché à me rendormir, je n'ai pas voulu replonger dans cet océan du passé.

Alors que tout le monde se réveillait seulement, j'étais déjà prêt, et j'attendais, sur Princesse, que nous décidâmes de nous mettre en route. Fier, fort, inflexible, et comme à mon habitude, absolument étincelant.
La fatigue attendra que j'arrive au temple pour me rendormir. Et puis, la caravane avait du café.
Bien sûr, Vhalakya savait ce qui s'était tramé dans ma tête durant la nuit. Elle est celle à qui j'ai daigné dévoiler la partie cachée de l'iceberg, sans mauvais jeu de mot. Elle connaît la couleur de mes émotions et la teneur de mes larmes. Elle sait qui je suis, d'où je viens et qui je suis maintenant mieux que quiconque. Nous partageons nos secrets et nous les gardons pour nous, n'en déplaise à Entira, qui, elle, met l'accent sur le fait que l'on se connaisse tous.

Mais mes faiblesses n'appartiennent qu'à moi. Que l'on ne s'y trompe pas. Depuis que je suis ici, je sais que je ne veux pas être seul. Les Crok Dragon m'ont donné un foyer et, surtout, une attache.
Cela ne change cependant pas le fait que je n'aime pas parler de moi. Enfin, plutôt, je n'aime pas parler de cet autre moi.
Je veux que l'on voit en moi l'incarnation de la beauté, l'intellect propre aux asuras et la force de soulever des montagnes.
Je veux que l'on me perçoive comme un être sans faille.
L'idée que l'on me connaisse, moi et mes faiblesses comme si j'étais un livre ouvert est comme me mettre nu devant tout le monde. Il y a trop de choses qui ne seraient pas compréhensibles pour le commun des mortels. Ce que je suis doit pour l'instant rester caché.

Nous démarrons enfin notre traversée du désert, l'occasion pour moi de me focaliser à nouveau sur quelque chose de concret en ce monde. Mais nous voyageons à groupe séparés.
Entira est très inquiète pour ce Jerynd et a décidé, avec ses traqueurs, d'inspecter les indices en sa possession.
J'étais parti pour l'idée que l'on voyage tous ensemble, mais elle a ses inquiétudes et je ne me suis pas opposé à son objectif jusque là, et après tout, c'était notre but à tous, à présent. Nous nous retrouverions au temple de Kormir. Le plan était simplissime.
Vhal' est restée avec moi, mais quand les deux cousines se séparent, comptez sur elle pour se faire du mouron pour l'autre. Elles ne se sont pas séparée l'esprit tranquille et j'ai tenu à expliquer à ma chère apprentie de la mode qu'Entira était une grande fille. Elle dirige nos groupes depuis que je suis ici. S'il y en a une pour savoir ce qu'elle fait, c'est elle. Je lui fais confiance, à Vhal', de faire de même.

Burick, Wankiliae -que j'ai déjà rencontré à Amnoon-, un autre sylvari du même groupe, puis, de notre côté, Léandra, Vhalakya et moi même, et enfin la caravane. Nous étions onze personnes au total avec des dolyaks, de quoi former un cortège assez imposant.

Du moins, c'est ce que je croyais. Une dizaine de zaishen nous abordé alors que le temple était proche. J'étais contrarié de voir que mon plan n'avait même pas refroidi un tantinet le zèle de ces fanatiques. Je me suis rappelé les maigres portions données plus tôt par les sylvaris, et je me suis dit que je pourrai prendre un peu de rations supplémentaires.

Toutefois, Vhal' a agit en premier et un puit de magie nécrotique barrait à présent le chemin de nos assaillants. Ils ouvrirent la discussion en nous ordonnant de leur offrir les "disciples de Kormir". Les affaires de religion locales ne nous regardaient pas... mais je ne comptais par leur laisser ceux qui avaient partagé leurs bien avec nous. Les Crok Dragon m'ont apprit à avoir de la considération pour ceux qui partagent. La guilde partage bien son foyer avec moi et je lui en suis reconnaissante. Il en allait de même pour nos accompagnateurs éloniens.

J'étais décidé à négocier. Je comptais bien faire en sorte qu'ils nous laissent tranquille.
Et... Qu'ais-je entendu alors? Le charr, et Léandra, lançant des insultes au même moment ou j'orchestrai ma tentative de diplomatie, me coupant dans mon élan. Pour qui se prennent-ils? Et c'est comme ça qu'ils répondent? Par de bêtes petites insultes enfantines, fiers comme des coqs de se croire supérieur à ceux en face d'eux? Les mêmes idiots qui me jugent arrogant feraient parfois mieux de se regarder dans un miroir.
Et voilà les Zaishen, qui, offensés dans leur foi, coupent court à toute forme de discussion et chargent alors que la magie de Vhalakya s'achève.

Un combat... Je n'avais pas envie de me salir maintenant. J'étais fatigué. Je voulais parvenir au temple le plus vite pour pouvoir dormir à nouveau. Et nous voilà prit dans un combat. La colère montait alors en moi. Je ne savais qui je voulais frapper en premier. J'ai finalement préféré prendre de la distance et laisser nos barbares régler leurs problèmes comme des grands. Je me fichais bien ce qui pouvait leur arriver à présent, je voulais juste parvenir à notre objectif.

Mais... Les Zaishen, eux, ne l'ont pas entendu de cette oreille.
Je disais que... Ne se comptaient sur un doigt les choses plus précieuses que ma propre vie. Dans ma tête, la vision d'une main levant un second doigt m’apparut quand je vis Vhal' tout bonnement prendre feu, de la tête au pied, en raison d'un projectile magique.

Musique:

Tétanisé sous le choc, j'ai songé au pire. J'étais parti pour la sortir de là à ma méthode, et tu sais de quoi je parle, toi, qui sent  les caresses que je te donne en passant ma main sur mon ventre. J'étais prêt à te donner une colocataire qui aurait besoin de récupérer dans un lieu sûr.

Alors que je descendais vers elle, ma propre voix avait changé, prit un ton plus grave, je le sentais. Mes dents commençaient à s'allonger dans ma bouche, je me sentais changer.
Je me suis ravisé quand j'ai vu Jrisnai courir, l'air perdu, et je lui ais ordonné de ramener Vhalakya au temple le plus vite possible. Si Jrisnai était encore là, sa magie, peut être, était-elle encore vive. elle pouvait être sauvée, mais il fallait faire vite.
Jrisnai m'a obéit. J'ai décidément beaucoup de chance avec les créatures et esprits accompagnant Vhal'.

J'ai alors fixé les zaishen restant et si je me suis ravisé à l'idée de me transformer complètement, quitte à être de nouveau enchaîné dans les brumes, j'avais quand même envie d'une vengeance.
Ce qui est précieux pour moi, je refuse que l'on y touche. Cet affront devait être puni.

J'ai quand même puisé dans la force obscure qui régnait en moi. J'ai puisé dans ma nature profonde et j'en ai fait sortir ma queue du bas de mon dos. Elle était... plus grande que moi, mais pas encore à sa longueur finale. Mais sa taille se comptait déjà en mètres et était suffisante pour frapper ces impudents indignes sans même que je n'ai à bouger de ma position, en bas du temple de Kormir.
Ils allaient le payer de leur vie.

Une fois le combat terminé, j'ai finit par avoir pitié de l'un d'eux que je tenais en mon emprise comme un jouet, ou plutôt comme un gourdin. J'ai savouré chaque instant de ce moment. Je l'avais entouré de ma queue comme un serpent entoure sa proie. Je le tenais. Il était en mon pouvoir.
J'ai goûté sa détresse, écouté ses supplications, et je lui ais ordonné de me révérer. Ses mots ont manqué d'inspiration, je méritais mieux. J'ai songé au repas que je pensais me faire plus tôt, puis je me suis souvenu que le combat était terminé, que des gens me regardaient, moi, un asura avec une queue plusieurs fois plus longue que moi, et que Vhal' m'attendait. Je l'ai finalement livré aux lanciers du soleil. Par chance, aucune question ne m'a été posée. Tout ceci s'apparente à de la magie, même si elle est étrange.

J'ai "rangé" ma partie caudale en moi, et je suis monté au temple avec tout le monde. J'étais encore en colère et je me sentais coupable.
Entira m'avait confié sa cousine et j'ai échoué à la protéger... Et Vhal' est mon amie.

Quand j'ai vu Léandra à l'entrée, je suis allé la sermonner. Je la blâmais elle et le charr pour tout ça.
Elle n'a pas apprécié, mais je me fichais bien de ce qu'elle pensait. Je voulais juste qu'elle et tous les autres m'écoutent, pour une fois. Ma voix aurait pu nous aider plus souvent qu'ils ne le pensaient, j'en étais persuadé.

Je me suis dirigé vers Vhalakya. Sa cousine est arrivée. Elle nous appelait en criant. Leurs liens étaient plus forts encore que ceux qui me liaient à mon amie. J'étais inquiet, terriblement. Je n'osais imaginer ce qu'Entira pouvait ressentir en cet instant. J'ai crié en retour pour qu'elle sache où nous étions et vienne à nous.
Elle allait gronder Vhalakya, sans doute, comme elle le fait souvent. Par culpabilité, je lui ais dit de faire de même avec moi.
Il y a eu d'autres réprimandes, en fond, mais je n'y ais pas beaucoup prêté attention.
J'ai réfléchi à ce qui s'est passé. Plus tôt, nous nous étions séparés hâtivement, et nous n'avons pas prit le temps d'organiser une formation. Nous avons avancé et j'espérais tout le monde capable d'écouter, mais si j'ai bien apprit quelque chose aujourd'hui, c'est qu'il ne faut jamais partir avec des "peut être que".

Je me suis senti faible et j'ai pensé que j'avais beaucoup à apprendre de la chef des TRAQUEURS.
Tout ceci m'a rappelé cette mission à Ascalon, celle où tout a changé pour moi. La perte d'un être cher...
Je me suis mit à craindre pour la santé de Vhalakya, espérant que quelque soit la leçon de ce soir, je ne l'apprenne pas après avoir perdu quelqu'un d'autre et je me jurais, dans ma tête, d'apprendre tout ce qu'il fallait pour éviter que cela ne se reproduise, pour peu que l'on laisse vivre mon amie.
Un soulagement comme une chaleur douce a envahit tout mon être quand j'ai su que les blessés étaient tous hors de danger.
Il y avait trois blessés en tout, mais je me souciais surtout de Vhal'. Et c'était surtout pour elle, que j'ai ressenti ce soulagement. Je doute que si les autres le prennent bien, s'ils venaient à le savoir, d'ailleurs.

J'allais avoir du travail et des réprimandes. Tout cela allait être dur à encaisser... ma fierté en prendra un coup. Mais au moins ce coup là ne sera pas fatal.

Nous discutons tous ensemble, et j'en apprends un peu plus sur Elona auprès de Touéris et Kékou, le barde musclé. Je leur demande ce qu'ils peuvent nous donner en récompense de nos efforts pour les aider, échange de bons procédés après tout.

Nous prenons la décision de nous reposer plusieurs jours le temps pour les blessés de récupérer, puis nous nous mettrons en route pour retrouver Jerynd. Moi, je les suivrai, et cela me suffit.
Je m'installe sur un lit du temple, vide.
Comme un coup de marteau en plein visage, la fatigue me frappe.
Je n'ai même pas le temps de penser que je m'endors instantanément, pour une looooongue nuit de sommeil. Comme cela faisait du bien.

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Re: [Souvenirs] Une aiguille dans une botte...

Message par Lonn le Sam 28 Avr - 1:59

Au Promontoire du Devin, nous avions acheté l'aide de la guide réputée la pire du coin. En attendant, c'était la seule, et après tout, nous étions des étrangers. Il nous fallait faire avec.
Mes achats nous avaient permit d'être plein d'eau et de nourriture pour la longue traversée qui nous attendait.
Nous étions prêts.

Toutefois le désert ne semblait pas d'accord avec nous et un évènement inattendu bouscula notre groupe et nous mit sur le qui vive dans l'instant qui suivit. Une tempête de sable. Houdimou, notre fameuse guide, nous conduisit sous l'ombre d'un rocher pour nous abriter. Un temps qui parut être des heures s'écoula jusqu'à ce que vienne un groupe de nomades qui, justement, avaient prévu la tempête et nous avaient fait part de la réputation d'Houdimou. Son véritable tour de magie restait encore la façon dont elle parvenait à survivre avec autant d'alcool dans le sang. Toutefois, nous étions en vie et peut importe les rumeurs à son sujet, elle avait accompli sa mission.
Une guide maladroite et une tempête de sable plus tard, nous avions tracé notre chemin du Promontoire du Devin jusqu'au Kraal de Lommuld.
C'est une fois arrivé au camp ogre que je revis le stigmate pour la première fois depuis longtemps.

Depuis le temps de notre chute, je n'avais plus jamais eu l'occasion de me trouver si proche de ces terres violettes et cristallines.
J'avais oublié les souvenirs qu'ils évoquaient, jusqu'à ce qu'ils se retracent comme le cours d'un récit dans mon esprit.

Tout avait commencé par une simple livraison de marchandise entre nous, à Ascalon, comme nous le faisions pour notre métier.
Notre mission ne vit jamais sa fin.
Ces cristaux violets qui poignardaient la terre comme autant de couteaux me rappelaient ceux qui zébraient soudain ton corps ce jour là, le jour notre travail avait finit en cauchemar.
Je me souviens du hurlement que j'ai poussé alors que je te voyais t'enrober de la détestable couleur du stigmate du Dragon.
Je ne répondais plus de rien, c'était la première fois que je perdais autant le contrôle. Tout ce qu'il restait étaient des débris de cristal et de minuscules cadavres violets. Tout devint blanc avant que je ne me rende compte de la situation. C'est ta voix au fond de moi qui m'a fait comprendre ce qu'il t'était arrivé réellement.

La couleur du stigmate avait de quoi évoquer de la rage dans mes tripes.

Toutefois, convaincu par toi comme par Vhal' et plus tard Entira et les autres, je compris qu'il était temps pour moi de prendre un bain. Tant qu'Entira n'était pas sur la défensive au moins, c'est que le danger n'était pas si proche que je l'imaginais. Je n'aurai sans doute pas à revivre la même journée avec eux.

A partir du camp Ogre, nous avons passé la journée suivante à enquêter sur Jerynd en retraçant son chemin.
Je suis resté en retrait. Jerynd était surtout l'affaire d'Entira et elle serait la mieux placée pour savoir comment le trouver. VHal' l'avait bien aidé, comme d'habitude. Plus que deux cousines, leur union fait penser à deux sœurs.

Nous avons traversé le ranch de Longsaut, sans doute le nom faisait-il référence aux frappesols s'y trouvant. Des lapins géants, toutes proportions gardées, capables d'effectuer des bonds prodigieux, très utiles pour la navigation en ces lieux.

Cela dit, notre chemin était assez praticable pour nous en dispenser. Nous avions une mission et avons suivit les pistes des habitants du Ranch, surtout des enfants, très curieux sur "Kipik".

Là, nous avons longé une rivière et sommes tombés sur la chose la plus inattendue que j'ai vue depuis des années. Un village... De Choyas.
J'ai alors pensé à tout le Choya que j'avais jusque là ingurgité -quantité toujours insuffisante pour me rassasier- quand je les observais, une fois entré dans le village.

J'en étais venu à me demander quel goût pouvait avoir chacun de ces habitants et si c'était un hors d’œuvre que l'Alchimie avait placé sur mon chemin. Que voulez-vous... Quand on est moi, c'est dur de se refaire.

Quelques remarques de mes camarades à l'encontre de mon insatiable appétit plus tard, notre objectif arriva à son terme. Jerynd était là, blessé, mais là.
C'est lui-même qui nous informa d'une attaque de harpie qui allait survenir sur le village.

Nous n'allions pas rentrer avant d'avoir défendu mon petit déj'... nos nouveaux amis de la menace qui les attendait. Jerynd, "Kipik" pour les intimes, n'allait pas le permettre.
A partir de maintenant, nous allions donc réfléchir à une stratégie de défense, chose qui pour moi peut se résumer à l'utilisation d'une force dont je connais le secret, mais qui pour d'autre allait se résumer à un vrai travail de planification. Et c'était bel et bien la deuxième solution que je m'apprêtais à suivre pour des raisons évidentes. Sans compter que cette grotte est beaucoup trop petite pour la première idée. Même si je n'étais du coup pas un tacticien, je saurai accomplir le rôle qui me sera confié.

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